PREMIER COMMUNIQUE ou comment garder son contrôle
Comme vous le savez, Artémis se prend toujours pour une bombe sexuelle et Anya tient à vous faire savoir quen plus de cela, elle la prend pour une conne. Appel dArtémis de la cafétéria de son lycée, à 12h51 :
« [
] blabla inintéressant [
] En plus, près de Sarcelles, là où ma copine Sam va monter pour les vacances, eh ben, tu sais, y a un gars qui me kiffe !
- Comment ça ? Tes déjà allé à Sarcelles, toi ? Tes ressortie vivante ?
- Mais non, même pas ! Le gars il ma parlé une fois au téléphone et ça y est, il est amoureux de moi ! Après envoi de photos par mails, et hop trop accro le gars ! Comme ça ! Cash !
- Ah mais cest trop fort ! »
Vient ensuite à lesprit dAnya quArtémis, ayant un mental très fragile, y croyait certainement à fond. Et puis, sûrement quelle devait être très fière de ses exploits face à sa meilleure amie, tellement idéalisée par cette nouvelle déesse de
lamour
(chose extrêmement risible du point de vue dAnya
). Euh
Fait-elle réellement partie de ses amies, finalement ??
SECOND COMMUNIQUE ou comment garder son contrôle
Rappelez-vous dOndine, la bretonne, qui harcèle toujours notre pauvre Anya au téléphone avec ses histoires de mecs (« non mais elle ne pense donc quà ça ? » sinsurge Anya. Euh
Mais cest pareil pour toi, Anya !). Eh bien, un samedi soir, Anya reçut ce texto :
ACTE I, Scène 100 000
ONDINE, certainement désespérée, au bord du suicide, serre son téléphone portable contre son cur comme si seul lui pouvait la sauver : Ca va trop mal, je suis trop malheureuse. Il sest passé un truc avec Etienne
Non, justement, il ne se passe rien. Voilà le problème !
ANYA, bouleversée
par ce qui se passe dans « Smallville », pauvre Clark ! :Quest-ce-qui se passe ?
ONDINE, reniflant bruyamment : Je tappelle ou tu mappelles ?
ANYA :
Elle éteint son portable.
Essayons de la comprendre : on était samedi soir, « Smallville » passait sur M6, Anya avait donc autre chose à faire ! Seulement, rebelotte le lundi soir
« Seigneur, quel pot de colle ! » Conséquences : Anya est perturbée, angoissée et pleine de remords. Mais elle ne répondra pas, non ! Elle a autre chose à faire. En plus, à chaque fois quelle lui écrivait un texto, cétait pour raconter ses malheurs ! Merde à la fin ! Les gens ne sont vraiment quune bande dassistés, dépressifs et complètement givrés ! Quils aillent tous se faire foutre et moi, je me casse, bordel de merde !
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Veuillez excuser cette interruption momentanée des programmes, la narratrice reprend ses esprits un instant
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Pendant ce temps, nous allons donc écouter Anya, dans une interview à propos des amitiés à distance, réaliser il y a quelques temps par la narratrice, qui avait encore toute sa tête :
NARRATRICE : Alors Anya, que pensez-vous du dicton « loin des yeux, loin du cur ? »
ANYA :Eh bien, voyez-vous, jaime à penser que ce qui se dit communément ne sapplique pas à moi. (Sourire stupidement figé).
N (légèrement déstabilisée
) : Euh, oui, bien. Merci Anya. Navez-vous pas un peu limpression dêtre la « psy » de service ?
A : Oh si ! TOTALEMENT ! (sagite, rire bête et hystérique) Ca fait tellement du bien dêtre comprise ! Cest tellement vrai ! Ondine et Artémis sont des filles tellement désespérées et désespérantes
Mais en tout cas je continue à les écouter, ce qui prouve encore une fois mon cur dor
Mais jai réellement limpression dêtre comme ma grand-mère, vous savez la commère de service
N : Vous sentez-vous mal ? Des envies de suicide peut-être ? Avez-vous limpression dêtre au bout, de ne plus pouvoir avancer, ni vous battre ? Est-ce-que quand vous vous retournez vers votre passé, vous réalisez que vous avez stagné, complètement stagné depuis
Depuis toujours ?!
A : Hum
Voyez-vous, chère narratrice, je pense que vous vous méprenez sur moi, je suis tout de même Anya, enfin, je veux dire si même ça, ça ne veut plus rien dire ! Où va le monde, merde ! Bon, on parle dautre chose ?
N : Oui, bien sûr
Quest-ce-qui pourrait vous intéressez ?
A : Eh bien
(sourcils froncés et nez retroussé, signe dintense concentration), eh bien, jaimerai dire au monde entier à quel point je suis géniale de supporter cette sale emm***, cette grosse c*** dOndine, qui me casse les c*** tous les jours avec ses histoires à la c*** avec ses
(cris hystériques intraduisibles sur papier, agitements, cheveux décoiffés
) »
Mesdemoiselles, mesdames, messieurs, la direction juge plus souhaitable pour votre bien-être intérieur de stopper la diffusion de votre feuilleton en raison de la tournure des évènements. Récemment revenue dun court séjour en hôpital psychiatrique, la narratrice et Anya vous souhaitent une bonne continuation et espèrent que vous avez apprécier la visite de la vie tourmentée dAnya.
Anya vous signale également que maintenant tout va bien, la narratrice, après dintenses efforts pour faire taire Anya qui ne lâchait plus le micro, tient à vous informer quelle aussi sest remise.
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